Le 1er examen de votre bébé

Le 1er examen a lieu dès la naissance.

Pratiqué par la sage-femme ou le pédiatre en salle de naissance, il a pour but de dépister l’absence de pathologie ou de malformation qui peuvent contre-indiquer le « peau à peau » précoce avec la mère, et peut nécessiter parfois un transfert dans un service spécialisé.

L’évaluation de l’âge gestationnel


1er examen naissanceLa première tâche du médecin est d’apprécier le terme de l’enfant.
La date des dernières règles est d’une grande utilité, mais elle est parfois imprécise ou oubliée (l’échographie réalisée au début de la grossesse permet souvent de la préciser).
Le pédiatre utilise des critères neurologiques et morphologiques pour définir, par un examen soigneux, l’âge gestationnel.

  • Un nouveau-né est « à terme » lorsqu’il est né entre 38 et 42 semaines d’aménorrhée (SA), comptées à partir du premier jour des dernières règles ;
  • Le poids normal d’un nouveau-né à terme se situe entre 2,6 kg et 4 kg, avec une moyenne de 3,4 kg ;
  • Sa taille est de 46 cm à 54 cm, avec une moyenne de 50 cm ;
  • Le périmètre crânien mesure entre 34 cm et 36 cm.

Ces chiffres doivent toujours être interprétés en fonction de l’âge gestationnel :
Ainsi, le poids normal d’un prématuré de 32 d’aménorrhée (SA) se situe entre 1,5 kg et 1,8 kg.
A contrario, un bébé né à terme entre 38 et 42 SA, et qui pèse le même poids, correspond à un retard de croissance, on parle d’hypotrophie.

Les critères d’observation

 

1er examen bébéTout nouveau-né doit faire l’objet d’un examen systématique rigoureux – mais conduit avec douceur – pour définir son stade de maturité et vérifier son bon état de santé en dépistant une éventuelle malformation ou anomalie qui réclamerait des soins immédiats.

  • Au repos, les quatre membres du bébé à terme sont en flexion. L’activité motrice est variable et asymétrique. Lorsqu’il crie ou s’endort, de petits tremblements des extrémités (trémulations) peuvent survenir.
  • La peau, rose vif, laisse voir par transparence un fin réseau capillaire. On observe parfois des taches rouges (hémangiomes) situées en général au niveau de la nuque, la racine du nez ou les paupières : elles disparaissent au cours des premières années. De minuscules grains blancs peuvent apparaître sur le nez ; la présence de taches bleu ardoise se situe en général au-dessus du siège, celles-ci sont sans gravité. L’existence d’un léger duvet disparait en quelques jours.
  • La tête paraît grosse par rapport au corps. En palpant le cuir chevelu, on découvre souvent une protubérance : c’est la bosse séro-sanguine formée pendant la phase d’expulsion lors de l’accouchement, et qui disparaît en quelques jours. La fontanelle antérieure est de dimension variable.
  • Les paupières du nouveau-né sont parfois gonflées. Pour lui faire ouvrir les yeux, il suffit souvent de l’asseoir.
  • L’enfant voit dès la naissance. Ses yeux, en général gris ardoise, n’accommodent pas mais sont attirés par la lumière (le regard fixe une cible dès les premiers jours). Ils peuvent ne pas être parallèles de façon temporaire. Des hémorragies sous-conjonctivales sont fréquentes.
  • Le nouveau-né entend dès la naissance. Il reconnaît la voix de sa mère et s’arrête de pleurer quand on lui parle. Le dépistage de l’audition est obligatoire en maternité depuis mai 2012.
  • La bouche. Des petits boutons blanchâtres, sans aucune gravité sont parfois visibles au bord des gencives ou sur le palais.
  • Le cou : en le palpant, on recherche un éventuel hématome des muscles qui nécessite des soins précoces de kinésithérapie.
  • Une fracture des clavicules est parfois décelée après un accouchement difficile. Sans aucune gravité, elle guérit spontanément après plusieurs semaines.
  • Les fréquences respiratoire et cardiaque sont notées : on recherche un éventuel souffle cardiaque et la perception des pouls.
  • Une tuméfaction des seins est fréquente chez les deux sexes, et peut même être accompagnée d’une émission de lait (galactorrhée) non pathologique. On a parfois la surprise de dépister des mamelons surnuméraires qui ne nécessitent aucun traitement.
  • L’abdomen est soigneusement palpé pour vérifier l’absence de hernie, d’un gros foie ou d’une grosse rate.
  • cordon ombilicalLe cordon ombilical est toujours examiné pour vérifier l’absence d’anomalie. Une petite hernie ombilicale peut exister : elle disparaît sans traitement dans les premières années
  • La perméabilité de l’œsophage doit être systématiquement contrôlée.
  • Les organes génitaux externes sont toujours examinés avec soin : pénis, testicules, petites et grandes lèvres.
    ➡ Chez le garçon, le prépuce adhère au gland. Une bourse volumineuse indique un épanchement transitoire (hydrocèle). Les testicules ne sont pas toujours descendus dans les bourses.
    ➡ Chez la fille, les petites lèvres sont volumineuses et le clitoris saillant. Les grandes lèvres sont peu développées et ne recouvrent pas la vulve. La crise génitale se manifeste par une sécrétion vaginale blanchâtre (avec parfois un peu de sang) associée à une tuméfaction des seins et une galactorrhée.
  • La perméabilité de l’anus est systématiquement contrôlée. Dans les vingt-quatre heures qui suivent sa naissance, l’enfant expulse une matière vert-noir visqueuse : c’est le méconium, ses premières selles. Et les urines sont évacuées en jet.
  • L’examen des membres inférieurs permet de déceler une grave malformation orthopédique : le pied-bot équin. Il faut le distinguer du metatarsus varus (pieds qui tournent en dedans), banal et très fréquent, rééduqué grâce à une kinésithérapie, enseignée à la maman, pour la poursuivre à domicile.
  • L’examen de la luxation congénitale de la hanche est obligatoirement pratiqué : il s’agit de dépister une instabilité lors de la mobilisation des hanches du nouveau-né, à la recherche d’une dysplasie ou d’une luxation, en effectuant une manœuvre (dite d’Ortolani et de Barlow) associé à un contrôle échographique et/ou radiographique permettant un traitement précoce et adapté.
  • L’étude du tonus et la recherche des réflexes archaïques du nouveau-né sont fondamentales et l’examen neurologique doit être particulièrement minutieux.