Choisir son lieu d’accouchement

Dès le début de la grossesse, il faut se poser la question de la maternité : en effet, pour certains établissements, il est parfois indispensable de réserver une chambre longtemps à l’avance. Et il est important que la future maman prenne contact avec le personnel qui pratiquera l’accouchement. 

GROSSESSE NORMALE OU GROSSESSE À RISQUES 

Votre sage-femme ou votre médecin vous informe sur les possibilités d’accouchement en toute sécurité, dans une maternité qui doit être la plus proche possible de votre domicile. En France, une maternité sur trois est un établissement de proximité qui accueille des grossesses sans problème. 

Si la vôtre présente des risques particuliers, vous serez dirigée vers une maternité qui reçoit des grossesses à haut risque maternel et qui possède une unité de réanimation néonatale. 

Néanmoins, une grossesse de ce type peut être menée à terme dans les meilleures conditions, mais pour cela, la surveillance médicale doit être renforcée. Et, parfois, l’hospitalisation permet de disposer des moyens et traitements spécifiques. 

Certaines futures mamans font l’objet d’une surveillance particulièrement renforcée :

  • lorsqu’elles ont déjà vécu une grossesse avec des complications (toxémie, diabète gestationnel, hypertension) ; 
  • lorsqu’elles souffrent d’une maladie chronique (hypertension artérielle, diabète, cardiopathie, insuffisance rénale) ;
  • lorsqu’elles présentent des risques particuliers d’accouchement prématuré.

LES MAISONS DE NAISSANCE 

En décembre 2013, le Parlement avait adopté une loi pour autoriser l’expérimentation des maisons de naissances en France, mais aucune mise en place n’avait été réalisée. 

Le décret, publié le 30 juillet 2015 en a finalement fixé les conditions, et le ministère de la Santé a donné son accord en décembre pour que neuf maisons de naissance soient expérimentées en France en 2016, pour une durée de 5 ans. 

Les maisons de naissances sont des structures autonomes, gérées par des sages-femmes. Elles proposent aux femmes enceintes une prise en charge globale de la grossesse dans un cadre moins médicalisé, et dans le respect de la physiologie. Elles sont tenues d’assurer une qualité et une sécurité des soins pour la mère comme pour l’enfant, dans le respect des droits des patientes. C’est une démarche qui repose sur le principe  » une femme / une sage-femme « . 

Pour y être admise, la femme ne doit pas présenter une grossesse à risques. Elle doit être suivie, à partir de la première consultation prénatale, par une sage-femme qui assure : 

  • la surveillance médicale et les suites de l’accouchement ; 
  • la préparation à la naissance et à la parentalité définie par les recommandations de la HauteAutorité de santé (HAS) ; 
  • l’accouchement et les soins postnatals concernant la mère et l’enfant. 

La femme enceinte ne peut pas bénéficier d’une analgésie pour son accouchement (péridurale), la structure n’étant pas médicalisée. Toutefois, la consultation préanesthésique du 8e mois reste obligatoire (au cas où, lors de l’accouchement, un problème surviendrait, nécessitant des soins médicaux), et est organisée par la maison de naissance – faute de quoi elle ne pourrait y être admise. Les maisons de naissance ne sont pas des établissements de santé et n’offrent pas de capacité de séjour : le retour à la maison est organisé pour favoriser l’accompagnement en post-partum dans le cadre d’une sortie très précoce (inférieur à 24 heures après la naissance) et d’un suivi à domicile. 

Une convention de partenariat est obligatoirement conclue avec un établissement autorisé de soins en gynécologie-obstétrique, contigu à ses bâtiments. 

La maison de naissance doit disposer d’un accès direct qui permet, en cas d’urgence, d’assurer le transport non motorisé et allongé des mamans et des nouveau-nés, sans voie publique à traverser. 

Enfin, elle est évaluée par l’Agence régionale de santé (ARS). 

ACCOUCHER À DOMICILE 

Il est tout à fait possible d’accoucher à domicile si on le souhaite (une femme sur cent fait ce choix, en France), et à condition de ne pas souffrir de maladie chronique. L’accouchement doit absolument se dérouler sans problème et il faut s’entourer de toutes les précautions. 

À commencer par la présence d’une sage-femme libérale qui accepte de vous accompagner : elle doit disposer de tout le matériel d’oxygénation et de réanimation pour le nouveau-né, au cas où cela s’avérerait nécessaire. 

Elle reste en liaison avec un gynécologue obstétricien disponible et n’hésitera pas à faire transporter la maman dans une maternité en cas de problème, ou à appeler le 15 (Samu).