La consultation pré-conceptionnelle

Depuis la suppression du certificat médical prénuptial préalable au mariage civil (1er Janvier 2008) , le recul de ces 10 années passées nous conduit à penser que la mise en place d‘une consultation préconceptionnelle participerait au processus de désir d’enfant. Elle fournirait l’opportunité d’optimiser les chances de grossesse par des mesures individualisées, de repérer les situations à risque et de délivrer des conseils de prévention pour une prise en charge adaptée.

Il s’agirait de prendre RDV avec une sage-femme ou votre gynécologue sitôt que le projet d’enfant arrive. L’objectif serait pour les futurs parents de discuter avec un praticien, de différents sujets, notamment :

l’âge de la patiente, importante car la fertilité diminue au-delà de 36 ans

– les pathologies chroniques

– les antécédents personnels (comme l’épilepsie) ou familiaux (exemple du diabète)

– la vaccination

Cette consultation aurait aussi comme but de dépister, grâce aux sérologies du bilan biologique :

– certains déficits vitaminiques (B9, B12, D), qui ont un impact sur le bon déroulement et l’issue de la future grossesse,

– les addictologies :

– Le tabac : Quand le couple doit il arrêter de fumer avant de concevoir ?

Le tabac est responsable d’une baisse de 30% de la fertilité et de syndromes polymalformatifs (fentes labio-palatine, par exemple).

Les spermatozoïdes sont altérés par le tabagisme, il est également responsable d’anomalies embryonnaires, et multiplie par 2 le risque de fausse couche spontanée.  Sa tératogénicité (ayant la propriété d’induire des malformations fœtales) est désormais reconnue par la présence de génotoxiques (hydrocarbures aromatiques par exemple). 

L’alcool a la même propriété et son impact dans les quatre jours qui précèdent et suivent la fécondation pourrait limiter le fonctionnement du futur placenta.

Les substances hallucinogènes :  Le cannabis s’élimine lentement du corps, les effets sur la fertilité sont donc prolongés : diminution du nombre de spermatozoïdes et de leur vitalité, qualité ovocytaire réduite.

Enfin, cette consultation permettrait également de prodiguer des conseils indispensables concernant :

le mode de vie du couple : leurs métiers, leur vie de couple, le nombre de rapports par semaine, …

Cette consultation serait aussi un lieu d’écoute du couple afin de réfléchir ensemble sur les moyens optimiser les chances de mener à bien en toute sérénité la conception.

Il est important d’évaluer le stress. Le corps de la femme est en relation intime avec son esprit. Un trop grand désir de grossesse est source de stress et peut affecter le cycle hormonal.

Être bien dans son corps et dans sa tête, savoir gérer son stress s’optimise, voire s’apprend.

l’alimentation, qui doit être équilibrée : mieux vaut cuisiner, éviter les plats tout prêts (trop riches en glucides …). L’obésité est en augmentation dans notre pays, d’où un risque non négligeable de diabète gestationnel.  Le poids idéal pour concevoir est fourni par l’indice masse corporelle (IMC) qui devrait  être compris entre 23  et  24 kg/m2 . Ainsi, pour une femme mesurant 1.65m le poids idéal basé sur l’IMC serait compris entre 62.60 kg et 65.30 kg.

Il faut savoir préparer le terrain : vitamines, fer, iode, bien manger avant la grossesse est essentiel !

Il sera prescrit une supplémentation en acide folique (vit B9) à associer à de la vitamine B12 pour la prévention des anomalies de fermeture du tube neurale (AFTN), ainsi que de la vitamine D qui favoriserait le taux de grossesse.

– Les toxiques dans l’environnement quotidien, que nous ne pouvons exclure de notre vie. Nous pouvons néanmoins porter attention à l’emploi des éthers de glycol présents dans les laves vitre et certains cosmétiques.

Mettre tout en œuvre pour concevoir sereinement permettra d’éviter au couple de se diriger, après juste quelques mois d’essai, vers des spécialistes de la fertilité.   

En fonction de l’âge de la patiente, 12 mois d’essai semble raisonnable (avec une moyenne de 3 rapports par semaine), à la suite de quoi le couple peut réaliser un premier bilan chez l’homme et la femme sur une journée « One Day » dans un centre de stérilité.

Un compte-rendu leur est remis, permettant ainsi de connaître la marche à suivre ultérieurement.

Je vous souhaite une merveilleuse aventure parentale,

Violaine JORAND KERBRAT

Sage-femme