L’analgésie obstétricale : on vous dit tout sur la péridurale

La consultation d’anesthésie est obligatoire et a lieu aux alentours du 8ème mois.

Que la patiente souhaite accoucher avec une péridurale ou non, il est indispensable de rencontrer l’anesthésiste au cas où :

  • une césarienne en urgence devait être réalisée,
  • ou une péridurale devait être posée pour raison médicale
  • ou une complication surviendrait.

Le but de cette consultation est d’anticiper la prise en charge et de se préparer à toute éventualité.

Le souhait de la patiente quant à l’analgésie obstétricale par péridurale peut être recueillie au moment de la consultation mais dans la mesure où la consultation sert également à informer la patiente, elle a le temps de réfléchir et même de changer d’avis presque jusqu’au dernier moment de son accouchement.

Le but de la péridurale est d’assurer un confort et de soulager les patientes en rendant la douleur supportable.

Elle provoque une analgésie (c’est-à-dire une diminution de la douleur) et non une anesthésie (c’est à dire une suppression des sensations). Donc, elle ne supprime pas totalement les douleurs mais elle les atténue. En aucun cas, l’objectif est de supprimer totalement les sensations ou de « paralyser » les jambes. La patiente sentira toujours ses contractions et sera capable de pousser lorsque ce sera nécessaire.
Le but de la péridurale est double :
1. assurer le confort de la patiente en soulageant la douleur
2. assurer la sécurité des mamans et des bébés en cas de besoin (nécessité d’une césarienne en urgence, révision utérine pour hémorragie, suture d’épisiotomie, etc…), la péridurale peut être plus « dosée » pour assurer des gestes en urgence et dans ce cas-là, assurer une anesthésie totale du bas du corps en cas de besoin par exemple pour une césarienne. Elle permet de se mettre dans les meilleures conditions et d’anticiper les différents événements.
La péridurale est sans danger pour le bébé et les anesthésiques administrés par la péridurale ne passent pas au bébé. Contrairement aux idées reçues, elle ne ralentit pas le travail et ne provoque pas plus de césarienne ou de manœuvres d’extraction instrumentales type forceps. Cela était vrai lors des premières péridurales qui étaient plus « fortes ». Aujourd’hui, les progrès ont permis d’ajuster les doses administrées au déroulement du travail.

Au-delà du souhait des patientes, il existe aussi des indications médicales à la péridurale (justement pour le coté sécurité): macrosomie, prééclampsie, présentation en siège etc. Dans ce cas, la pose de la péridurale résulte d’une décision de l’équipe obstétricale et anesthésique. Elle peut permettre justement d’éviter d’avoir recours à l’anesthésie générale qui présente un réel danger pour la maman et le bébé.

Les contre-indications à la péridurale sont rares. Dans ce cas, des alternatives existent.

La pose de la péridurale ne fait pas mal (contrairement à beaucoup d’idées reçues et beaucoup de craintes à ce sujet). Elle se pratique après une anesthésie locale qui endort la peau, les sensations ne disparaissent pas mais la pose est quasi indolore. L’aiguille n’est pas introduite entre 2 vertèbres mais s’arrête avant, elle n’est pas non plus introduite dans la moelle épinière. Les repères se prennent au niveau du rachis lombaire, c’est à dire le bas du dos. Les sensations liées à la pose peuvent être désagréables mais pas à l’origine de douleurs.

Contrairement à une autre idée reçue, la pose de la péridurale ne provoque pas de douleurs lombaires à long terme. Si l’anesthésiste a rencontré des difficultés lors de la pose, des douleurs peuvent persister 48h au niveau du point de ponction. Les lombalgies du post partum sont en lien avec la prise de poids, la perte de muscle et le fait d’avoir porté un bébé pendant plusieurs mois.

Article écrit par le Dr Christelle Simon, anesthésiste à Versailles