Marion Jolles-Grosjean

Je connais Marion depuis quelques années, par son mari (le pilote de F1 Romain Grosjean) avec qui j’étais en contact professionnellement. La première fois que j’ai rencontré Marion c’était à l’occasion d’une soirée dans laquelle elle a parlé de son engagement avec Make a Wish (www.makeawish.org). Nous sommes donc toutes les deux engagées dans la cause des enfants malades, et nous avons d’autres points communs : nos maris s’appellent tous les deux Romain, elle a une fille qui s’appelle Camille et elle est très amie avec la marraine de ma fille!

C’est donc tout naturellement que je lui ai proposé de répondre à notre interview et elle s’est très gentiment confiée et je l’en remercie car elle est très inspirante. Bonne lecture! Camille T.

1. Présentez-vous en quelques mots

Marion Jolles Grosjean, journaliste et animatrice sur TF1, épouse de Romain Grosjean, pilote de Formule 1, et maman de 3 enfants! 2 garçons: Sacha (juillet 2013) et Simon (mai 2015), et une fille: Camille (décembre 2017). Depuis la naissance de mon aîné, j’ai ralenti la cadence professionnelle pour être la plus présente possible auprès de nos petits, car je ne veux pas qu’ils souffrent des déplacements de leurs deux parents.

2. Votre parcours vers la parentalité

J’ai toujours rêvé d’être mère. C’était le but ultime, absolu, de ma vie. Très vite, lorsque j’ai rencontré Romain, j’ai su, comme une évidence, qu’il m’accompagnerait dans cette quête. Il était celui que je souhaitais : attentif, aimant, et très présent, malgré ses voyages. J’ai 4 ans de plus que lui, et nous avons pris la décision lorsque nous nous sommes sentis prêts tous les deux. Il rêvait d’avoir des enfants jeune, pour pouvoir faire du sport avec eux! De mon côté je voulais être certaine d’avoir exploré tout ce dont j’avais envie professionnellement, pour me consacrer à eux après leur naissance. Nous avons eu une chance énorme: Sacha, Simon et Camille sont arrivés sereinement, rapidement, dès que nous les avons désirés.

3. Le conseil qui vous a été le plus utile pendant votre grossesse/premiers mois du bébé

Le meilleur conseil? « Tout passe »! Je me suis accrochée à cette phrase que ma soeur m’a dite un soir, alors que Sacha poussait des hurlements et refusait de dormir. Il devait avoir deux mois à peine. Autant la grossesse s’était déroulée dans la félicité la plus totale (aucune nausée, aucune gêne), autant les trois premiers mois de sa vie ont été terribles! Qualifié par une sage-femme de « bébé hypersensible », Sacha pleurait dès qu’il n’était pas dans nos bras. Il s’endormait uniquement au sein, somnolait dessus sans vraiment téter, et criait dès que je tentais de l’y arracher pour retrouver un instant de liberté. Je me suis vraiment demandé quel caractériel petit être nous venions de mettre au monde! Heureusement, rien ne dure jamais, même les nuits les plus infernales. Il a fallu que ma soeur me remémore les heures épuisantes qu’elle avait traversées avec sa fille pour que je sois rassurée. Sa fille, qui a 6 ans de plus que Sacha, est l’incarnation de la douceur et de la gentillesse, mais les débuts furent tout aussi durs!

4. Votre jolie anecdote avec le corps médical

J’ai tellement de souvenirs précis de mes trois accouchements! Difficile d’en choisir un seul… Pour Sacha et Simon, je me rappelle l’efficacité de la sage-femme de nuit à la maternité, qui s’est trouvée être la même pour les deux. Que de bons conseils elle m’a donné! Elle a su décrypter les pleurs de chacun de mes fils et les calmer, l’un après l’autre. Elle a rassuré Sacha, par exemple, en lui faisant écouter le bruit de l’eau qui coule dans le lavabo de la salle de bain. Un simple robinet ouvert lui rappelait peut-être celui de la douche de maman, tous les matins! Il s’arrêtait de hurler dès qu’il l’entendait. Deux ans plus tard, je ne comprenais pas pourquoi Simon criait la nuit même lorsqu’il était rassasié. Elle m’a donc suggéré de laisser une lumière allumée dans ma chambre à la clinique. Il s’est aussitôt calmé! C’était l’obscurité qui l’effrayait. Enfin, pour Camille, une anecdote d’un autre registre: j’ai perdu les eaux le 30 décembre à 22h30. Alors que Romain me conduisait, j’ai appelé mon obstétricien pour le prévenir, mais il devait partir en vacances au ski dès le 31 au matin! Il nous a donc rejoint à l’hôpital en précisant qu’il ne m’accoucherait probablement pas, le temps que le travail s’enclenche. Romain lui a répondu qu’il était convaincu du contraire, et que le bébé arriverait avant son départ au ski. Les paris étaient ouverts… Et mon mari avait raison! J’ai effectivement accouché en à peine deux heures… Camille est née à minuit et demi. Mon obstétricien a pu partir sereinement en vacances!

5. Ce qu’on ne vous avait pas dit et que vous auriez préféré savoir

J’ai adoré être enceinte et j’ai eu beaucoup de chance pour mes 3 accouchements, qui se sont déroulés vite et presque sans douleur. Je n’ai donc vraiment pas eu de mauvaises surprises. En revanche, il y a un sentiment essentiel sur lequel on n’insiste pas assez: lorsque l’on devient parent, naît une angoisse permanente. L’angoisse qu’il arrive quelque chose à son enfant. C’est ce que j’ai eu le plus de difficulté à gérer. Je savais combien la fatigue allait être terrifiante, je savais qu’il fallait s’armer de patience face aux nuits blanches, aux poussées dentaires, aux tournées de lessive de bodies trempés à répétition, mais je n’étais pas préparée à avoir peur pour mes bébés. Peur quand il s’approchent trop près d’une piscine, peur qu’ils s’étouffent avec une pâte ou un morceau de pain, peur qu’ils montent dans la voiture des grands-parents pour aller sur des petites routes de montagne… Je n’avais pas conscience que je n’allais désormais exister que pour eux, sans le vouloir vraiment, de manière instinctive, animale. Bien sûr, j’ai gardé ma vie de femme, et nous avons trouvé un équilibre. Bien sûr, je ne m’empêche pas de voyager, et de les laisser sous la surveillance d’autres que moi. Mais l’idée qu’ils puissent ne pas être en sécurité me hante en permanence. J’apprends à gérer cette inquiétude pour ne pas la leur transmettre! 

6. Votre découverte produit fétiche pour vous ou votre bébé

Avec les 3, je crois que j’ai tout tenté, tout testé! Chaque bébé est différent, et réagit de façon unique. Il est donc difficile de donner le nom d’un seul produit qui ait pu convenir à tous. Pour la toilette, le liniment oléo-calcaire, bien sûr, est ce que j’ai toujours utilisé… C’est le plus doux pour les petites fesse rouges! Pour le transport: le porte-bébé « Miracle » de Babybjorn est celui qui m’a accompagnée lors de tous mes déplacements avec eux, entre Londres, Paris et Genève. Pratique dans les aéroports, il se met et se retire vraiment facilement. On peut mettre l’enfant face à soi ou tourné vers l’extérieur, selon son âge… Bref, même à 15 mois, j’ai encore porté Camille grâce à lui lors des vacances de Pâques pour prendre l’avion. Ça évite l’encombrement de la poussette et ça laisse les mains libres pour tenir une valise d’un côté et les grands frères de l’autre!