Prévenir les accidents de la vie courante

Chaque année en France, environ deux cent trente enfants décèdent suite à un accident de la vie courante. Si ce chiffre connaît une baisse sensible et constante, beaucoup de blessés en gardent des séquelles physiques et psychiques. Mieux vaut donc les connaître pour les prévenir, car les enfants de moins de cinq ans restent les plus vulnérables. 

Les accidents de la vie courante sont les “traumatismes non intentionnels” qui surviennent à la  maison ou ses abords immédiats […], à l’extérieur […], dans un cadre scolaire, lors de la pratique sportive et pendant les vacances ou les loisirs.  » (Institut de prévention des accidents domestiques) 

Les deux tiers sont dus à cinq types d’accidents majeurs : ils sont responsables de lourdes hospitalisations, de séquelles motrices, fonctionnelles, sensorielles et psychiques. Il est pourtant tout à fait possible de prévenir ces accidents si vite arrivés avec des tout-petits. 

LES CINQ TYPES D’ACCIDENTS 

Défenestration et chute de balcon 

Ne jamais laisser un enfant seul devant une fenêtre ouverte ou sur un balcon, ni mettre à ces endroits des meubles ou objets qu’il peuvent escalader. Une défenestration sur dix est mortelle ou laisse des séquelles graves. 

Noyade en eau douce


En France, c’est la première cause de mortalité des accidents de la vie courante des enfants de moins de 15 ans. Entre 2 et 4 ans, un enfant peut se noyer dans 20 cm d’eau en quelques minutes. Dans trois cas sur quatre, les parents sont à moins de vingt mètres de la piscine ou du plan d’eau. 

Brûlures et incendies 

Une victime sur quatre de brûlure domestique a moins de 5 ans, et la cuisine est le lieu principal de ce type d’accident. Les enfants touchés en gardent des séquelles motrices, fonctionnelles et psychiques. 

Attention aux brûlures superficielles qui peuvent être facilement évitées. 

Brûlures externes

Les queues des casseroles doivent systématiquement être tournées vers l’intérieur de la cuisinière. Mieux : jamais d’enfant dans la cuisine pendant la préparation des repas ; 

Ouvrez toujours l’eau froide avant d’ouvrir l’eau chaude, et vérifiez la température de l’eau du bain avant d’y plonger votre bébé. 

Brûlures internes

Vérifiez la température du biberon en versant quelques gouttes sur le dos de la main avant de le donner, surtout si l’eau a été chauffée au micro-onde. 

Quant aux incendies d’habitation, ils sont souvent causés par les enfants eux-mêmes qui manipulent briquets, bougies, etc. 

La majorité est victime d’asphyxies par les suies (qui forment des bouchons dans les voies respiratoires) et/ ou par les gaz, comme le monoxyde de carbone (CO) et les produits cyanurés dégagés par la combustion des plastiques. 

Asphyxies 

Chaque année, de nombreux enfants âgés de 1 à 5 ans décèdent par asphyxie :

  • soit par strangulation (lien autour du cou) avec un jouet qui a un cordon, des cordes de balançoire, une rallonge électrique ; ou une écharpe trop longue qui se coince dans une porte, un escalier mécanique, ou un toboggan ; une vitre électrique de voiture ; 
  • soit par étouffement – sac plastique sur la tête, visage enfoui sous la couette, enfant qui se cache dans un coffre à jouets ou un placard qu’il n’arrive plus à ouvrir ; 
  • soit par ingestion d’un corps étranger, plutôt alimentaire ; un objet ou un fragment de jouet, coincé dans la gorge, qui entraîne immédiatement sa complète obstruction. 

L’enfant est inerte, les bras ballants, en arrêt respiratoire ; il ne peut ni tousser ni se manifester de quelque façon que ce soit. Il devient bleu en vingt secondes, perd connaissance et chute au sol. Il est en arrêt cardiaque en trois minutes, soit bien avant l’arrivée des secours si l’entourage (parents ou éducateurs, gardes de jeunes enfants) n’a pas connaissance de ce tableau. 

Il faut donc réaliser immédiatement la manœuvre de Mofenson : placer l’enfant à califourchon sur votre cuisse, tête dépassant du genou. Soutenir le thorax par dessous d’une main et frapper énergiquement avec le plat de l’autre main entre les deux omoplates. Répéter plusieurs fois la manœuvre si nécessaire. 

Jusqu’à 5 ans, l’enfant n’a pas une dentition suffisamment efficace pour broyer ni bien découper les aliments, il ne faut donc jamais leur donner de gros morceaux. 

Dès l’âge de la préhension avec les doigts (7-8 mois), attention à tous les objets que le bébé peut introduire dans la bouche (piles, pièces de mon- naie, pièces de jeux des enfants plus grands). 

Vérifier régulièrement les tétines : le caoutchouc ne doit pas être complètement cisaillé à la base de la téterelle. 

Attention ! On ne donne aucune graine (cacahuète, pistache, noix, noisette, etc.) à un enfant de moins de 5 ans : il risque de s’étouffer. 

LES FACTEURS DE RISQUES MAJEURS 

Ils sont liés soit aux caractéristiques propres de l’enfant (âge, sexe) soit à l’environnement. 

L’enfant de moins de 5 ans est en plein développement psychomoteur, sensoriel : il découvre, est curieux de tout et cette insatiable avidité le rend vulnérable. 

L’apprentissage du risque, inconscient et permanent, fait partie de sa vie. Le risque maximal se situe entre 18 mois et 3 ans. 

L’environnement dans lequel évolue l’enfant est adapté aux adultes. C’est pourquoi il est important, avant la naisance,de revoir l’agencement et l’organisation de la maison de façon à minimiser au mieux les risques et assurer la sécurité de votre enfant. 

De plus, il faudra s’adapter au fur et à mesure à sa personnalité. 

▶ L’environnement affectif d’abord, car c’est de lui que tout dépendra. Informez-vous auprès de gens qualifiés, spécialistes de la petite enfance. C’est vous qui le protégez et l’éduquez : vous êtes en charge de sa sécurité. Sachez que les accidents domestiques sont plus nombreux dans les familles monoparentales et recomposées. 

▶ L’environnement matériel ensuite : placer les produits d’entretien et les médicaments en hauteur, mettre des cache-prises, installer une barrière de protection devant l’escalier, mettre des anti-pince-doigts aux portes de placard, le protéger des angles de tables, etc. 

Les garçons représentent deux tiers des enfants accidentés : plus bagarreurs, leurs gestes sont brusques et ils ont plus de force physique que les filles. On compte donc plus d’hospitalisation pour accidents graves, plus de séquelles, et une mortalité deux fois plus importante avec une majorité de brûlures et de défenestrations. Il faut également être vigilant lorsque le jeune enfant précoce sur le plan moteur, marche et grimpe partout vers 9 / 10 mois. 

Redoublez de vigilance et surtout attachez-le sur la chaise haute, dans la poussette, pour éviter les chutes sur la tête. 

SAVOIR ACCOMPAGNER L’ENFANT 

Il ne faut pas pour autant freiner l’enfant dans sa découverte du monde par trop d’interdits qui le pousseraient à les enfreindre. Il faut l’accompagner, l’aider à prendre la mesure de ses limites et de ses capacités pour favoriser la confiance en lui. Les parents doivent être des partenaires actifs de son développement et ce, dans leur environnement affectif, familial et socioculturel. 

Un enfant de moins de 5 ans est complètement tétanisé lorsque l’accident survient : sa seule réaction est de hurler sans bouger. Le rôle des parents est d’être présent pour réagir immédiatement et le soustraire aux dangers.