Une alimentation exclusivement lactée de 0 à 4-6 mois

L’alimentation de son enfant est un sujet qui intéresse tous les parents, et qui parfois les préoccupe. Voici l’éclairage de Anne-Charlotte Delobelle diététicienne sur l’alimentation du nourrisson jusqu’à 4 à 6 mois.

L’allaitement maternel

L’allaitement au sein est le type d’alimentation idéal pour tous les nourrissons. L’Organisation Mondiale de la Santé, ainsi que les autorités de santé françaises et le Programme National Nutrition Santé, recommande un allaitement au sein, si possible de façon exclusive (c’est-à-dire sans compléments de lait infantile) jusqu’à l’âge de 6 mois révolus, et au moins jusqu’à l’âge de 4 mois révolus. Mais même de plus courte durée, l’allaitement reste toujours recommandé car les bénéfices sur la santé perdurent après le sevrage, voire à l’âge adulte. Mais la décision d’allaiter appartient à chaque femme, à chaque couple.

Excepté pour les besoins en vitamine D et K pour lesquels une supplémentation est indispensable pour le nourrisson, le lait maternel est le mieux adapté aux besoins et au développement du nourrisson, et présente de nombreux avantages nutritionnels et immunitaires. 

En effet, le lait maternel est constamment adapté aux besoins physiologiques de l’enfant et sa composition (en protéines, acides gras et minéraux) évolue au fil des semaines mais également pendant la tétée. Au-delà de l’intérêt nutritionnel, l’allaitement maternel présente également des bénéfices pour la santé de l’enfant :

-Il permet un développement optimal du nourrisson jusqu’à 6 mois, en particulier du système nerveux central

-Il constitue un facteur de prévention pour les maladies du tube digestif

-Il a un effet protecteur vis-à-vis de la survenue de l’obésité et du diabète

-Il aide à limiter les risques d’allergies alimentaires chez l’enfant, surtout chez ceux ayant des prédispositions familiales 

Le nourrisson doit téter le plus tôt possible après l’accouchement. C’est important afin qu’il puisse bénéficier du colostrum (riche en nutriments et agents anti-infectieux) mais aussi pour favoriser la montée de lait. Il n’existe aucune règle concernant le nombre et la fréquence des tétées. L’allaitement doit se faire à la demande du nourrisson: c’est l’enfant qui gère lui-même la quantité ingérée, la durée et le rythme des tétées. C’est la meilleure façon de satisfaire les besoins du bébé et d’avoir suffisamment de lait les premiers jours. En général, il y a 6 à 8 tétées par jour le 1er mois, de 10 à 20 minutes environ. Puis elles s’espacent par la suite. Contrairement à certaines idées reçues, il est inutile de donner des biberons d’eau au nourrisson entre les tétées.

A partir du moment où la mère doit reprendre son activité professionnelle ou si la croissance de l’enfant devient insuffisante, l’utilisation complémentaire de biberons de lait infantile 1er âge devient indispensable.

Lorsque le nourrisson passe définitivement du lait maternel à une préparation infantile, c’est la période de sevrage. Le sevrage doit être progressif, étalé sur 1 à 2 semaines, en remplaçant petit à petit une tétée par un biberon.

Pour les nourrissons non allaités, la mère donnera à son enfant dès la naissance un lait infantile 1er âge qui contient tous les nutriments dont l’enfant a besoin pour se développer.

Les préparations pour nourrissons

Les laits infantiles ont avant tout pour objectif de se rapprocher au maximum de la composition du lait de mère, qui est la référence absolue. Par ailleurs, les laits infantiles permettent de plus en plus de lutter contre les troubles digestifs des nourrissons (régurgitations, coliques, constipation, selles molles…) ou de prévenir l’apparition ultérieure de certaines pathologies comme l’allergie. Chaque préparation destinée aux nourrissons et enfants en bas âge est soumise à une réglementation stricte, régie par la directive de la Commissions européenne du 22 décembre 2006 (2006/141/CE).

Jusqu’à la diversification, l’enfant est nourri exclusivement avec un lait 1er âge standard (ou lait pour nourrissons standard). « Officiellement », la mère pourra introduire un lait 2ème âge standard (ou lait de suite standard) lorsqu’au moins un repas est totalement diversifié.

Etant donné que la diversification de l’alimentation entraîne nécessairement une diminution du volume ingéré de lait, les divers composants des laits de suite sont pour la plupart en concentration plus élevée que dans les laits pour nourrissons (excepté pour les lipides, seul nutriment dont le pourcentage des apports énergétiques diminue avec l’âge de l’enfant).